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Mise à jour : 17 janvier 2022

Préparation des semaines sociales 2021

L’annonce par les Semaines Sociales France
de la rencontre des 25-26-27
novembre 2021 SSF

C’est ici : https://www.ssf-fr.org/page/1610396-rencontre-2021

Osons rêver l’avenir en prenant soin
des Hommes et de la Terre
par Bernard Ibal

Voir la conférence en vidéo

Cliquer sur le lien :

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Compte rendu de cette conférence de Bernard Ibal
<Osons rêver l’avenir>

Conférence de Bernard IBAL
pour le Secrétariat Social de Marseille
le 16 octobre 2021 au Centre Le Mistral.

Thème des Semaines Sociales de France
prévues du 26 au 28 novembre 2021.

Une référence dans les rêves de l’humanité : Martin Luther King (« I have a dream ») ; mais ce dernier avait un objectif ciblé, c’était la lutte contre l’apartheid.

Or, dans notre société, nous n’avons pas de but précis. Il s’agit plutôt de ré enchanter la vie, après les atrocités de la 2ème guerre mondiale.

Cette envie apparaît après l’euphorie de la Libération.

Surviennent le désenchantement de la vie politique qui ne fait plus rêver et l’absurdité de la condition humaine.

La France aurait un record du pessimisme. Qu’est ce qui peut donc nous faire rêver ?

Pourtant, en dehors de la préoccupation de sécurité, plusieurs thèmes peuvent nous faire rêver à un avenir commun : certains aspects de notre identité nationale, notre lutte pour le climat et l’environnement, notre modèle anthropologique, notre contrat social.

L’identité nationale :

La mondialisation a été un espoir (chanteurs, intellectuels, livres) dont le résultat n’est pas glorieux et s’oppose à l’identité nationale :« patriote mais pas nationaliste » (Bernard Ibal).

Une autre identité apparaît, celle de l’art de vivre. La France : première destination touristique, l’économie sociale, la gastronomie, les vins, le rythme de vie, le temps de travail, la politique sociale et familiale.

Cette identité s’oppose à celle de la puissance (financière, économique, territoriale, technologique).

Le climat et l’environnement :

La prise de conscience est massive (tous les partis politiques).

Le livre de référence chrétien est Laudato si, la seconde encyclique du pape François, ayant pour sous-titre « sur la sauvegarde de la maison commune », 

Au dix-septième siècle, Descartes lance l’idée de progrès sur un terreau chrétien. L’homme doit être possesseur de la nature.

Dans la Bible, le vécu du temps change : on passe d’un temps cyclique à un temps linéaire, c’est-à-dire demain peut être autre et meilleur. Sortir de la répétition du même.

Le progrès fait rupture en allant à l’encontre de l’harmonisation avec la nature et de la pacification. Avec le progrès, chacun prend plus que sa part ; ce qui a pour conséquence la pollution, l’épuisement des ressources, ainsi que des destructions et des catastrophes.

Le virage de Pâques (10 avril 1955) avec Pierre Teilhard De Chardin : prise de conscience du risque environnemental.

La fin du monde est certaine mais il y a une exception : la vie.

Le bien commun (la terre et ses richesses) qui était une idée désuète, appartient aujourd’hui à tous.

Ne pas confondre l’austérité et la sobriété. Le Pape François considère la sobriété comme la possibilité de jouir avec peu.

L’économie circulaire va dans le bon sens. Un retour à la production après la consommation.

Le modèle anthropologique :

Le terrorisme et la crise sanitaire de 2019 ont permis une prise de conscience de la vulnérabilité venant s’opposer au modèle américain de l’Homme : fort, équilibré et battant.

Chaque être a une grandeur d’âme, une dignité humaine qui ne sont pas liées aux performances. L’homme n’est pas une marchandise, il y a du divin dans l’homme. Le pire criminel a droit au respect de sa dignité, qui passe notamment par le respect intégral des droits de sa défense, même au risque de ne pas connaître, in fine, la vérité (comme dans l’affaire du petit Gregory)

Cette dignité, qui concerne donc tout homme, capable du meilleur comme du pire, passe par là rédemption et l’incarnation pour les chrétiens.

Le contrat social

La déclaration des droits de l’homme de 1948 est déficiente sur au moins un point lorsqu’elle présente autrui comme celui qui empêche et limite*. On tombe dans l’individualisme et l’autre devient l’adversaire. Bernard Ibal préfère une définition beaucoup plus sociale de la liberté :

« La liberté de tous commence quand chacun est responsable de lui-même, des autres et de la nature » (Bernard Ibal).

Au cours de la discussion qui a suivi ont été notamment exprimés, soit par les participants, soit par B.Ibal, les points de vue ou constats suivants :

  • Les trente glorieuses ont finalement entraîné un désenchantement en laissant croire que l’augmentation du pouvoir d’achat était le principal facteur du bonheur et en laissant loin derrière l’intérêt d’une vie spirituelle.
  • Au cours des trente dernières années, la France est restée en retrait, par rapport au monde anglo-saxon, en ce qui concerne l’explosion des inégalités qui s’y sont manifestées : le modèle social Français compte à juste titre dans les motifs de fierté énumérés par notre conférencier. Le capitalisme industriel britannique de l’époque de la reine Victoria est comparable au rugby, né en même temps et au même endroit. Il s’agit dans les deux cas de gagner à tout prix, bien que dans le respect des règles et de l’adversaire.
  • Le « toujours plus » dont nous avons spontanément envie nous fait facilement fermer les yeux sur les anomalies qu’entraîne notre soif de consommation, à l’égard aussi bien de la nature que de notre prochain.
  • Si l’Eglise prône une sobriété respectueuse de la nature, elle ne prône pas pour autant l’austérité. Il existe souvent dans les médias un discours écologique punitif qui n’est pas indispensable, surtout si on veut gagner l’adhésion.

* Article 29de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948 :

1. L’individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle le libre et plein développement de sa personnalité est possible.

2. Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.

3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s’exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.

François Teissier et Bernard Ibal

La salle

discussion

Conclusion par notre président Bernard Cheval